Rain

Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas

  • dimanche 19 mars à 16h

    Grande salle du Théâtre

Première mondiale: La Monnaie / Bruxelles 10 janvier 2001
Pièce pour 10 danseurs

 

La presse en parle 

DU PLAISIR DE REVOIR RAIN D’ANNE TERESA DE KEERSMAEKER
ResMusica

“Rain,” le cri d'énergie vitale d'Anne Teresa De Keersmaeker
Télérama - Rosita Boisseau

CURE DE JOUVENCE À L’OPÉRA
Libération -  Marie-Caroline Cabut— 22 juin 2016


 

La première de Rain a eu lieu le 10 janvier 2001, sur la scène du Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles. Sa chorégraphie est basée sur Music for 18 Musicians, une œuvre composée en 1976 par Steve Reich pour quatre chanteuses, violon, violoncelle, deux clarinettes, quatre pianos et un large ensemble de percussions à claviers (marimbas, xylophones, vibraphone).

 

Comme dans Drumming, écrit quelques années plus tôt (en 1998) sur une oeuvre du même compositeur, un large groupe de danseurs module l'espace selon de complexes mouvements d'ensemble, sans jamais quitter le plateau, et en n'offrant qu'une place très secondaire aux solos et duos. L'obsession de la "grande forme", du "grand flux" et de la continuité est ici exacerbée : en une heure de démesure polyphonique, d'un seul souffle, De Keersmaeker construit son spectacle en observant une intraitable unité de matériel et de style. Sur la pulsation stroboscopique de la musique de Reich, la chorégraphe bâtit un diabolique entrelacs de variations à partir d'un matériel très limité : une phrase d'homme / une phrase de femme. “Dans Drumming et Rain, « chorégraphie » devient synonyme de « composition intégrale », où le monothématisme et le même travail structurel sont infusés dans l’ensemble des paramètres - le vocabulaire, la syntaxe, le contrepoint, l'organisation spatiale, la durée, et jusqu'à la conception du décor, de la lumière et des costumes - dans la logique du sérialisme intégral tel qu’il s’est déployé de Webern à Stockhausen” écrit Bojana Cvejić dans un livre à paraître très prochainement.

 

Drumming et Rain, renouant par ailleurs avec un certain sens de l'excès, un "esprit de dépense" qui avait fasciné le public de Rosas danst Rosas en 1983, sont habités tous deux d'une virtuosité sauvage et  enjouée, d'une joie de danser au bord de l'épuisement, qui s'alimente elle-même en une sorte de vertige hilare. "L’apologie de la profusion et de la dépense par Lyotard, étayée sur l'essor économique des années 1970, semble en contrepied des politiques actuelles d'austérité ; mais les reprises de Drumming et Rain en 2012 nous replongeaient au coeur d’une pensée vitaliste, machinique et libidinale. En nous faisant sentir que la danse est une production d’intensités encapsulées au coeur d’une structure, en attente de leur libération à venir lorsque cette structure, comme une machine en surchauffe, est soumise à de puissantes forces d’accélération, ces deux spectacles remettent au premier plan la notion de « vivant», dans sa double dimension organique et machinique”, écrit encore Bojana Cvejić.

 

Drumming et Rain ont également ceci en commun d'avoir été chorégraphiés très vite, dans une sorte d'aisance créative que De Keersmaeker ne se connaissait pas (elle parle à ce sujet d'une "moisson subite"). Ils constituent incontestablement un épisode-clé dans le parcours de la chorégraphe ; on oserait presque parler d'un "moment classique". Près de vingt ans d'expérimentation, de recherche technique et d'amour de la musique se coagulent soudain dans la vision utopique d'un "art de la fugue" du mouvement, en phase avec les nouvelles complexités de notre temps.

 

En 2011, le spectacle est entré au répertoire de l'Opéra de Paris. Sa chorégraphie n'ayant jamais fait l'objet d'une fixation par écrit, cette entrée fit l'objet d'une grande opération de transmission : les danseurs de Rosas ont enseigné l'oeuvre au corps de ballet de l'Opéra, au prix d'un patient travail de reconstruction. C'est cette version "au second degré" qu'accompagneront en direct, depuis la fosse, les musiciens d'Ictus. Ils connaissent l'oeuvre mieux que personne (qu'on veuille bien m'autoriser cette vaniteuse remarque), pour l'avoir jouée des dizaines de fois en concert ou lors des tournées de Rosas, et l'avoir travaillée avec Steve Reich en personne lors des représentations de Rain à New York.

Chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker

Avec Laura Bachman, Léa Dubois, Anika Edström Kawaji, Zoi Efstathiou, Yuika Hashimoto, Laura Maria Poletti, Soa Ratsifandrihana, José Paulo dos Santos, Frank Gizycki, Robin Haghi, Luka Švajda, Thomas Vantuycom, Lav Crnčević

 / Musique Steve Reich - Music for 18 Musicians-   / Scénographie et lumières Jan Versweyveld  Costumes Dries Van 

Production 2001 Rosas & De Munt-La Monnaie (Bruxelles) / Coproduction 2016
De Munt-La Monnaie (Bruxelles) - Sadler’s Wells (Londres) - Les Théâtres de la Ville de Luxembourg / Premiere 10.01.2001, De Munt-La Monnaie (Bruxelles)

Rosas wordt ondersteund door de Vlaamse Gemeenschap /Rosas is supported by the Flemish Community / Rosas est soutenu par la Communauté...lire la suite