UTT

Soirée d'ouverture

  • mardi 19 mai à 20h30

    Grande salle du Théâtre

Soirée hommage à Carlotta Ikeda, figure majeure de la danse Butô

Compagnie Ariadone

Chorégraphie de Carlotta Ikeda, interprétation de Maï Ishiwata

 

1ère partie : UTT, solo emblématique de Carlotta Ikeda transmis à Maï Ishiwata

 

2ème partie : Carlotta Ikeda, danseuse de toute la peau film d’Anna Kendall

 

Placement libre 

1ère partie UTT

Solo de Maï Ishiwata - 55 min

 

UTT est un voyage, l’itinéraire d’une femme de la vie à la mort, ou peut-être de la mort à la naissance.

UTT est un cri, une onomatopée, comme si on recevait un coup brutal dans le ventre.

Carlotta Ikeda

 

Malgré plus de 30 ans entre l’élaboration de la pièce et sa transmission, UTT reste un testament précieux, ancré dans un univers résolument contemporain.

Créée à l’origine par Ko Murobushi et Carlotta Ikeda en 1981, UTT est une pièce emblématique dans la carrière artistique de la compagnie Ariadone, qui a participé à faire connaître l’art du butô en Europe et tout particulièrement en France. Le temps passé et l’évolution du monde contemporain ajoutent de nouvelles nuances et interprétations possibles au travail, tout en conservant la force et l’extrême sensibilité de l’oeuvre originelle.

 

A Bordeaux, où elle est installée, Carlotta Ikeda vient de transmettre à une jeune danseuse de sa compagnie, Maï Ishiwata, le solo UTT qu’elle avait créé en 1981. L’oeuvre reste intacte, hors du temps, présence en constante transformation. Au plus aigu de ce qu’exige le butô des corps qui s’y engagent : art de la métamorphose, qui requiert une globalité articulaire, organique, sensible, dans une “ lenteur du geste qui permet toutes les interprétations ” (Paul Claudel). Le corps y est à la fois humain et animal, minéral et végétal, obscur et lumineux. La danse est un voyage intérieur à travers différentes épaisseurs de temps et d’espace. Le maquillage blanc qui poudre le plus souvent le corps des danseurs de butô dessine une surface neutre, qui abstrait le corps réel, dé-personnalise ses affects, et en fait la page blanche où vie et mort, présence et absence, échangent leurs densités.

Jean Marc Adolphe - Rayonnements d’un corps obscur / Mouvement n°74

 

2ème partie Carlotta Ikeda : danseuse de toute la peau

Film d’Anna Kendall - 1984 - 31mn

En complémentarité parfaite avec la pièce, on y retrouve Carlotta Ikeda en plein processus de création de UTT sous le regard du chorégraphe Ko Murobushi.

 

Carlotta Ikeda

Passée par l’université de Tokyo et la technique classique - elle prit son premier cours à l’âge de 19 ans - elle est professeur de gymnastique dans les collèges, tout en cherchant sa voie. En 1970, elle croise Tatsumi Hijikata (1928-1986), fondateur du butô. Ebranlement esthétique devant ce geste physique sauvage et viscéral. Celle qui affirme avoir toujours été danseuse s’initie à ce mouvement nourri des écrits d’Artaud, de Lautréamont et de Sade pour faire surgir la vérité archaïque de l’être.

En 1974, elle intègre la fameuse compagnie Dairakudakan, puis rencontre le chorégraphe Ko Murobushi, qui deviendra son partenaire de prédilection. La même année, elle fonde sa compagnie, Ariadone, uniquement composée de femmes et choisit de s’appeler Carlotta en hommage à la danseuse classique Carlotta Grisi (1819 - 1899), fameuse interprète de Giselle, “ pour marquer l'irréductible opposition entre le ballet et le butô ”. Pour gagner sa vie, elle joue, toute poudrée d’or, dans des spectacles de cabaret où elle affirme une pensée du geste audacieuse et libre. “ Quand je faisais mon strip-tease, j'avais un objectif : c'est que les gens qui étaient là pour rire et boire se taisent et me regardent pendant quinze minutes, confiait-elle en 2004. J'ai fini par arriver à mes fins, j'ai commencé à trouver ma danse. ”

Grave et grotesque, puissant et vulnérable, cru et érotique, son butô se libère peu à peu pour devenir ce qu’elle définissait ainsi : “ Ma danse n'est ni une forme ni une technique particulière, mais plutôt un effacement de soi, une sorte de néant. ” De cet effacement, naît la présence hautement particulière d’une femme en quête d’elle-même. Ses solos ont marqué son parcours en inscrivant sa touche.

Rosita Boisseau - extrait

Chorégraphie Carlotta Ikeda

Danseuse Maï Ishiwata

Musique Osamu Goto

Lumières Eric Blosse (d’après une idée originale d’Eric Lousteau-Carrère)

Régie générale Laurent Rieuf

Régie son Kevin Grin

Utt / Compagnie Ariadone

Coproduction Glob Théâtre (Bordeaux) - Première le 10 octobre 2014 / IDDAC (Agence culturelle de la Gironde) - OARA (Office artistique de la Région Aquitaine) / Le Cuvier- CDC d’Aquitaine

La Compagnie Ariadone reçoit le soutien de la DRAC Aquitaine, du Conseil régional d’Aquitaine, du Conseil général de la Gironde et de

la Ville de Bordeaux.

Partenariat...

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