04.11
Des cadavres dans les placards, une grand-mère empaillée, « des morts froids comme des culs de nonnes » mais qui ressuscitent ! Non, il ne s’agit pas d’un film fantastique. Juste d’un cauchemar que fait Annie Rozier, dont les Fidèles raconte l’histoire depuis sa naissance.
La similitude entre les noms (Anna Nozière-Annie Rozier) laisse à penser que des éléments biographiques ont nourri cette pièce. Toujours est-il que le personnage principal convoque les figures de son passé, règle ses comptes, démonte la mécanique de sa famille frappée par la malédiction. À moins que celle-ci ne soit tout bonnement dérangée ! Entre un grand-père qui n’en finit pas d’agoniser, une grand-mère gâteuse, une mère hystérique, un oncle pervers, une sœur autiste et véritable souffre-douleur, les pathologies sont plutôt sévères !

Et les racines de cet arbre généalogique sont profondes. Les maladies, la folie, l’inceste remontent à loin. Parmi les cadeaux de baptême que reçoit Annie Rozier, dernier chaînon de cette lignée : Petit Jacques, bébé momifié, un mort-né qu’on se refile de génération en génération ; le portrait d’un aïeul atteint de la gangrène et sa jambe de bois; des gamelles pour faire mijoter de bons poisons. Car dans cette famille-là, on ne se transmet que le pire !
Pour traiter du drame de l’enfance abîmée, Anna Nozière convoque les figures familiales. « Les Fidèles », comédie noire menée tambour battant par une troupe de talent, est jubilatoire. Des personnages déjantés, un texte décalé, une mise en scène enjouée à voir seul… ou en famille !

Vivant – vital même – les Fidèles transmet, par son énergie et sa puissance, une bouffée d’oxygène qui peut aider à briser les chaînes familiales, pour nouer des liens dans un chemin de vie librement tracé. Un très bon et très beau point final pour le Mois de la Femme en 34 jours.
Toutes les photos ici
Les Treize Arches | le blog










Aucun commentaire.
Ajoutez votre commentaire