12.10
Un univers inénarrable. Deux clowns en sursis de rire et de joie, comme perdus au fond d’un tonneau, sous le regard d’un public dérouté. Tout commence par du cirque avec musique roulante et grimaces lacrymales. Mais cela ne dure pas et, dans le silence du néant, surgissent à nouveaux nos deux clowns – Branlo et Nigloo – pour une suite de tableaux iconoclastes mais indéniablement teintés d’humour et de poésie.
Au fond de leur trous, ces deux êtres nous tendent un miroir dans lequel nous nous reflétons : leur hésitation, leurs gestes maladroits, leurs tentatives de communiquer entre eux, avec le public.
Théâtre d’ombre et d’objets, de lumières et de mots jetés comme s’il étaient les derniers, » Augustes » sème le trouble, éparpillant nos souvenirs et les images bien rangées que nous avions du clown rieur et farceur. Du jamais vu encore accentué par la configuration du lieu et la position en hauteur du spectateur.
Un univers inénarrable donc, crépusculaire aussi, dont les clowns seraient les seuls survivants du grand cirque mondial. On sort du petit Théâtre Baraque émerveillé et troublé, avec une idée en tête qui ne vous lâche plus : les clowns ne sont jamais autant admirables que tristes et fragiles.
Du grand art à voir encore jusqu’à samedi…
Les Treize Arches | le blog


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