Antigone

Antigone par le Théâtre national palestinien

  • mardi 19 novembre à 20h30

    Grande salle du Théâtre

Prix de la Critique 2012 du meilleur spectacle étranger

 

 

Pourquoi une Antigone palestinienne ? 

 

Parce que la pièce parle de la relation entre l’être humain et la terre, de l’amour que tout individu porte à sa terre natale, de l’attachement à la terre.Parce que Créon, aveuglé par ses peurs et son obstination, interdit qu’un mort soit enterré dans le sol qui l’a vu naître. Et parce qu’il condamne Antigone à être emmurée.


Parce qu’enfin, après les prophéties de Tirésias et la mort de son propre fils, Créon comprend enfin son erreur et se résout à réparer l’injustice commise.


Malgré une fuite effrénée des âmes vers la folie et l’anéantissement, la pièce de Sophocle est un chant d’amour et d’espoir, une symphonie des sentiments, un météore précieux et brillant incrusté dans le noir du ciel et qui semble vouloir repousser l’ombre même de la mort, en attisant notre goût pour la lutte et pour la vie.


Ce qui m’a frappé, dès les premières répétitions, c’est la compréhension intime, en profondeur, que l’équipe artistique palestinienne – et en premier lieu les acteurs – avait de l’esprit de Sophocle et de la Tragédie grecque.


Comme l’a dit un jour avec beaucoup d’humour Hussam Abu Eisheh qui interprète le rôle de Créon : “ Nous comprenons Sophocle parce que la tragédie palestinienne est beaucoup plus ancienne que la tragédie grecque ”.


Le défi lancé par Antigone à l’autorité répressive, associé à sa décision de mourir au nom de ses convictions, voilà ce qui en fait une figure palestinienne, une représentante de cette jeunesse que l’on peut croiser tous les jours dans les rues de Jérusalem, de Naplouse, de Ramallah...


Dans le spectacle, on entend la voix de Mahmoud Darwich, une voix qui a été associée, les dernières années de sa vie, aux musiques du Trio Joubran. Leur musique, la voix du poète, les artistes palestiniens qui ont créé ce spectacle, tout cela est au service de la pièce de Sophocle, si lointaine avec ses 2500 ans d’existence et si proche de par sa vérité humaine.

 

Adel Hakim / Théâtre national palestinien

 

 

 

 

 

Mise en scène Adel Hakim
Scénographie et lumière Yves Collet
Musiques Trio Joubran
Texte arabe Abdel Rahman Badawi, texte français Adel Hakim
Costumes Shaden Salim
Construction décor Abd El Salam Abdo
Collaboration ateliers Jipanco
Vidéo Matthieu Mullot et Pietro Belloni
Avec les acteurs du Théâtre National Palestinien : Hussam Abu Eisheh - Alaa Abu Garbieh - Kamel Al Basha - Mahmoud Awad Yasmin Hamaar - Shaden Salim - Daoud Toutah


Coproduction Théâtre National Palestinien, Théâtre des Quartiers d’Ivry. Avec l’aide du Consulat Général de France à Jérusalem, du Centre Culturel Français Chateaubriand,du service de coopération italien du Ministère des Affaires Extérieures, du TAM et du Groupe des 20 théâtres en...lire la suite